Google, péage des médias sociaux?

Pour un premier Avril c’est raté. Après avoir tourné plusieurs fois dans mon bocal, je croyais tenir mon idée. Celle qu’habituellement on lance ce jour-là : le canular avec le poisson qui va bien avec. J’ai fait ce dessin il y a quelque temps. Et voilà que je découvre qu’il n’est finalement pas si loufoque que ça.

Imaginez. Votre voiture roule à bonne allure. Vous avez pris l’autoroute, celle qui vous mène au soleil bien sûr. Cinquante kilomètres rapidement parcourus et vous voici au péage. Vous prenez la file de gauche, la voie réservée au télépéage ? Non, la voie « Google Tollboth ». En bon français, « Google péage ». Oui, vous avez manqué un épisode. Google équipe désormais la plupart des véhicules. Son système Android gère tous les services offerts avec votre compte Gmail, les applications spécifiques qui vous simplifient votre voyage et les innombrables informations accessibles depuis le pad du tableau de bord. En quelle année sommes-nous ?

Cela risque d’être plus rapide que vous l’imaginez. Google investi dans l’automobile et annonce sa présence dans les véhicules de plusieurs constructeurs. Dont la Roewe 350, première voiture à embarquer l’OS Android de Google, qui sera présentée au prochain salon automobile de Pékin.

L’automobile n’est plus le produit populaire, symbole de la croissance des économies occidentales. On est d’accord. De surcroit, dans une perspective de développement durable, elle ne peut plus faire l’objet d’autant de passion. Mon attention se porte sur autre chose. La capacité de Google d’investir avec constance tous les champs de notre espace quotidien.

Nos déplacements seront à ce stade totalement tracés. Les voix qui s’élèvent aujourd’hui pour pointer la menace que forme Google en matière de gestion des informations déjà en sa possession ne nous sembleront-elles pas obsolètes ? Qui régulera leur utilisation ? Que Google commercialisera-t-il avec cette collecte supplémentaire de données marketing sur nos déplacements ?

Les jours de l’automobile sont comptés. En revanche, ceux du marketing et plus précisément du « remarketing » comme Google a rebaptisé ce que l’on nomme le « retargeting », ont un avenir assuré. C’est l’exploitation de données liées à votre navigation, croisées avec des informations sur votre profil qui permet au service marketing de cibler sa communication sur une population encore plus segmentée et en cœur de cible.

Et si Google, finalement, devenait le futur péage des médias sociaux ?

Mais non, tout ça n’existe pas encore, poisson d’avril !

Vincent

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Défi, bras de fer ou coup de com ?

Cela fait plusieurs mois que le feuilleton des tribulations de Google en chine se poursuit. Cette fois, c’est un défi inédit auquel se livre Google et qui révèle à la fois les enjeux de la maitrise de l’information et la puissance du géant du web. website seo analysis . dynamic domain name system . asked Tenir un bras de fer avec un état, et pas n’importe lequel : l’état chinois.

Le rebondissement annoncé par tous les médias concernant la décision de Google de son repli stratégique sur Hongkong, est une illustration de la puissance acquise par Google au cours de ces dernières années. Quelle société commerciale a osé s’opposer aux contraintes imposées par la chine pour s’implanter sur le plus gros marché potentiel de consommateurs, disposant d’une des  plus forte croissance au monde ? Se passer de ce marché, les dirigeants et les états majors des multinationales, comme les états, y réfléchissent à deux fois.

Mais, les idéaux de libre accès à l’information pour le peuple chinois défendus par Google, même si l’on s’en doute, la stratégie sous tendue n’en est certainement pas la priorité ni l’objectif, ni des considérations d’éthique auxquelles on pourrait s’attendre en pareille circonstance, ont malgré tout valeur de symbole. Parmi celles-ci, celle de la démocratie, même s’il aurait beaucoup à redire sur les pratiques du moteur de recherche. Ou plutôt, pas grand-chose, puisque le culte du secret entoure Google.

Nous souhaitons que le plus grand nombre de gens dans le monde aient accès à nos services, et notamment les usagers en Chine continentale, mais son gouvernement a été parfaitement clair durant nos discussions : l’autocensure est une obligation légale absolument pas négociable » a déclaré David Drummond le directeur juridique de Google.

On se doute qu’il s’agit d’un subtil jeu politique, mais Google, probablement en recherche de légitimité et de relifting de son image de Big Brother virtuel, réussi là un très beau coup de com.

La suite sera peut-être moins passionnante que « Plus belle la vie », cette émission que diffuse la télévision pendant que tout ça se déroule sous nos yeux. Je ne manquerai cependant pas l’épisode suivant. : ( )

Vincent

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