NTIC et 11 septembre 2001 ?

11 septembre 2001. C’était il y a presque dix ans. Je sais, cet anniversaire est l’objet de tous les commentaires, repris par tous les médias, surtout par ceux qui appartiennent au monde dit occidental. Je sais aussi la polémique qui entoure cette date et le doute qui subsiste quant à la version retenue pour l’Histoire avec un grand H. Mais aussi l’instrumentalisation faite par les radicaux, que ce soit aux Etats Unis ou dans les états religieux fondamentalistes. Et je pense aussi aux hommes et aux femmes qui ont péris au cours de ce tragique évènement. C’est dit. C’est ma culture, disons l’éducation culturelle humaniste qui m’a été donnée et l’empathie en principe naturelle que nous ressentons tous lors de ces catastrophes à l’impact affectif planétaire.

En réalité, c’est autre chose qui m’incite à écrire ce billet.

11 septembre 2010. Je suis étonné par la vitesse à laquelle le temps est passé depuis cet évènement, et surtout ce qui me ramène à un flash-back. Sur l’endroit où j’étais, comment je l’ai appris et l’intense émotion qui a saisi le monde et les médias. Comme vous surement.

Mais ce qui m’étonne et pour être franc, ce qui me fascine le plus, c’est ce qui s’est passé durant ces presque dix années. C’est de constater les évolutions, les changements dans le monde, les bouleversements des équilibres, l’émergence de continents et de pays, la bascule de valeurs, la chute ou l’érosion continuelle de systèmes antédiluviens, la transformation et la convergence de la culture ou des cultures. En deux mots : l’accélération du changement.

De ce point de vue, le 11 septembre 2001 a une valeur de repère extraordinaire. C’est sans doute l’évènement fondateur du 21e siècle, résumant à lui seul les enjeux à venir. Le terrorisme, évidemment, mais aussi l’impact de la mondialisation des échanges, de la communication, de la globalisation et des convergences.

A-t-on eu l’impression que ces 9 dernières années ont été marqué par le terrorisme ?

Je présume que comme moi, vous pensez plutôt que l’impact des nouvelles technologies est le fait majeur de cette séquence. La vitesse de l’apparition des NTIC et leur explosion dans la vie quotidienne est un fait. Ou en était Google, Facebook, Twitter, la téléphonie mobile, les services numériques durant cette décennie ?

Etes-vous de ceux qui voient la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine ?

OGM et risques d’emballement de la science, crise financière, changement climatique et catastrophes naturelles, dangers de pandémie, vieillissement ou accroissement de la population mondiale, crise morale occidentale, raréfaction des ressources, et dans cette liste anxiogène, évidemment, les nouvelles technologies font elles aussi partie des anges de l’Apocalypse à venir.

Juste un exemple pour éclairer ce débat du pour ou contre les NTIC. La nouvelle publication d’un livre intéressant sur l’analyse des médias sociaux avance que le « Le Web ne désocialise pas plus qu’il n’hypersocialise ».  Il démonte trois mythes de l’internet : le réel et le virtuel ne sont pas distincts, mais imbriqués ; les traces corporelles sont un moyen d’exprimer et réaliser son autonomie, ses stratégies ; les TIC ne sont pas désocialisantes mais reconfigurent notre manière d’être en société. L’occasion de discuter avec lui du rôle et de la place respective de nos sociabilités numériques et réelles, pour mieux comprendre justement la manière dont elles s’articulent, s’imbriquent et font société (source le Monde.fr).

 

Dans Les liaisons numériques (éditions du seuil) , Antonio Casilli, sociologue, chercheur au Centre Edgar-Morin de l’EHESS de Paris, s’est intéressé aux interactions en ligne pour s’interroger sur la naissance d’une « société en réseau ». Pour lui, Internet ne favorise pas la naissance d’une nouvelle sociabilité, mais la reconfiguration de rapports préexistants d’amitié, de parenté, de dépendance sociale. Il fait le constat qu’aujourd’hui, pour presque deux milliards de personnes, nouer des amitiés, développer des relations professionnelles ou encore constituer un couple passe par Internet.

« La croyance ingénue selon laquelle cette technologie serait, par nature, désocialisante masque les liens étroits du réel et du virtuel, et fait fi de l’impossibilité de séparer pratiques sociales et usages informatiques. Continuer à penser le Web comme un espace qui transcende notre réalité est une erreur d’évaluation lourde de conséquences théoriques et politiques. Car les pratiques informatiques relèvent bien souvent du détournement : les usagers domestiquent les ordinateurs et s’en emparent pour inventer de nouveaux possibles, personnels ou collectifs ».

Loin des dichotomies « pour » ou « contre » Internet auxquelles s’était réduit le débat intellectuel autour des médias numériques, Antonio Casilli s’est placé « à l’intérieur » de la culture du numérique. Etayé par de sérieuses analyses des réseaux sociaux, une documentation riches (par exemple une étude sur la sémiotique et la visualisation de l’identité numérique, Facebook et Myspace) et des interviews d’ usagers du monde entier, sa contribution à la compréhension du phénomène des médias sociaux est opportune.

11 septembre 2021. Et si…

Les nouvelles technologies seront-elles ce qui va nous permettre de répondre à cette crise ? Font-elles parties, seront-elles au cœur du système de ce nouveau paradigme qui est en train de s’élaborer et de s’imposer ?

Les nouvelles technologies vont elles s’imposer comme le virage de l’après 11 septembre 2001 ? Vont-elles mettre un sérieux coup de vieux à cette épisode tragique du début de siècle ?

Une chose est sure, les dix prochaines années vont passer aussi vite que celles qui nous séparent du 9/11. Et l’évolution du monde numérique, du web, des médias sociaux, des outils, de leurs usages et leurs pratiques, vont aller encore plus loin que ce que l’on imagine.
Je préfère pour ma part, vous l’aurez compris, avoir un regard positif, curieux et considérer que leurs usages m’apportent plus d’avantages que d’inconvénients. Et je crois, que c’est une incroyable opportunité offerte à tous. Professionnelle, sociale, culturelle, éducative.

Et si… Rendez-vous le 11 septembre 2021 ?

Vincent Guillocher
www.vincentguillocher.com

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Le changement, c’est vraiment pas pour de rire !

Je suis heureux de vous annoncer ce jeudi 9 septembre 2010, la sortie en librairie d’un ouvrage illustré avec mes dessins, dont un de ceux publiés sert d’illustration à ce post. Edité par ESF, ce livre « Jeux et outils pour conduire le changement » développe en huit chapitres une approche ludique et originale sur le processus du changement et comment le réussir.

Qu’il s’agisse d’une réorganisation, de la mise en place d’une nouvelle stratégie, de la réaffirmation d’une valeur, les jeux permettent de faciliter et d’accélérer la mise en œuvre du changement. À travers huit expérimentations réussies menées dans de grandes entreprises (Bosch, L’Oréal, la BRED…), il est démontré les bénéfices que l’on peut tirer des jeux, notamment en termes d’originalité, de performance et de créativité. cheap hotels Pour mener une politique de conduite de changement, ces outils sont rassemblés autour d’une démarche complète, la Marelle du changement®. Le public auquel s’adresse « Jeux et outils pour conduire le changement » sont les Formateurs, consultants, coachs, responsables formation, professionnels des ressources humaines.

Lors de nos premiers échanges avec Laurent Dufourt un des auteurs (qu’il m’est permis ici de remercier pour m’avoir associé à ce projet), nous sommes vite tombés d’accord pour m’orienter, grâce à l’humour et au clin d’œil, vers le dessin que j’affectionne réaliser: le dessin/image. Peu de texte, ou pas, l’idée passe au travers une situation et une réalisation sobre. Dans l’esprit du dessin de presse.

Ces huit dessins sont aussi pour moi l’occasion de redire ce que je crois être juste en terme de communication. On doit chercher le décalage, l’autodérision, la distance. L’humour est un bon moyen pour désamorcer des situations. Accompagner les changements. Faire passer des messages. Et le dessin est un média fantastique pour les managers qui ont la simplicité d’accompagner leurs Power Point ou leur présentation personnelle d’un graphe original et pertinent, voire impertinent. asked On est encore plus percutant et nous captons l’attention des autres en étant différents. Créatif, inventif, novateur, ce n’est pas que vous pouvez le devenir : vous l’êtes déjà !

Il faut juste se convaincre que 90% de la communication est non verbale, et que le cerveau humain comprend, enregistre plus facilement une image qu’un texte ou un raisonnement chiffré. Notre système de veille fonctionne en priorité sur ce qui est visuel, et le privilégie à ce qui est auditif. dynamic domain name system . En psychologie, on appelle ça l’effet Colavita.

La bonne recette : prenez une bonne dose de problèmes, ajoutez une pincée de décalage, puis finissez par un zeste d’humour. L’humour est la forme évoluée pour dire, par l’ellipse, la parabole, le symbole ou la métaphore, tout ce qui n’est pas audible. Une façon plus subtile et habile de transmettre une information de manière moins brutale dans des périodes de crise, comme celle que nous vivons depuis 2008.

« Nous retrouvons cette concomitance de la crise sociale et de la généralisation du rire dans plusieurs périodes sociales pour dire un changement social majeur, et pour ce qui nous concerne un passage de la modernité à la postmodernité. Cette obligation de rire traduit le fait que les valeurs de la modernité sont en train d’éclater, qu’une période sociale est en train de mourir et qu’une autre est en train de commencer. travel destinations . Le rire permet cette analyse par des caractères qui lui sont propres, notamment le désir du neutre et le retour aux sources. Eclater de rire revient à fragmenter les données de base, pour pouvoir les reconstituer autrement, et repartir sur de nouvelles bases. Le rire a ainsi cette caractéristique fondamentale de détruire et construire dans le même mouvement, d’être une violence fécondante, autrement dit mourir de rire équivaut à une renaissance. » Le rire dans l’entreprise (L’attitude humoristique comme passage obligé de la modernité vers la postmodernité) Jawad Mellad. Editions L’harmattan.

Le changement, c’est pas pour de rire !

Vincent Guillocher
www.vincentguillocher.com

Facebook et Work For Us : Vers le Corporate Recruitment ?

Work for us continue de s’affirmer comme un service potentiellement redoutable, efficace et pertinent en matière de recrutement.

Cette application Facebook est révélatrice de l’évolution constante des médias sociaux. Ces nouveaux services créés par de telles applications consolident l’avancée du premier réseau social dans l’univers Corporate des marques et des entreprises. Viadeo ou Linkedin qui y sont déjà largement présent, très bien implantés, peuvent légitimement observer la montée en puissance de ses services aux entreprises avec inquiétude. Le marché du recrutement, de l’emploi et des ressources humaines était logiquement un terrain favorable à l’avènement d’un tel service sur Facebook.

En s’appuyant sur le maillage de son réseau social constitué à l’origine de particuliers, Facebook a intelligemment ouvert ses pages aux entreprises. Et de fait, leur permettre de se connecter en direct avec une masse de candidats en profitant de la viralité et de la puissance d’exposition de son réseau.

La facilité d’utilisation pour l’entreprise et le candidat est un des nombreux avantages proposé par Work4labs, l’équipe française qui développe l’application. Les coûts sont faibles, voire gratuit pour l’utilisation de base. Les entreprises peuvent, à partir de leur page dédiée à la marque ou à l’entreprise, créer une véritable plateforme de recrutement.
Il est, par exemple, proposé à l’entreprise de diffuser des offres d’emploi sur sa Page Facebook. L’application lui permet de publier ses offres d’emploi et ses stages sur Facebook. Les candidats peuvent postuler sans quitter leur Page Facebook. La candidature se fait directement sur leur Page en quelques clics. Les offres d’emploi sont diffusées à tous les fans de la Page Entreprise. Les candidats peuvent partager les offres d’emploi avec leurs amis. Avec leur publication sur Facebook, les offres d’emploi deviennent virales et cela augmente leur visibilité.

Au-delà de la vision stratégique de positionnement des cabinets conseils en recrutement, des classiques petites annonces ou des sites spécialisés, la pénétration en profondeur de ce marché est un bouleversement des pratiques en matière de recrutement. Cela n’exclura pas la sous-traitance de la sélection des candidatures et le suivi d’un process de recrutement par des consultants et des cabinets spécialisés. Mais l’approche des candidats va changer, tout comme celles des entreprises. Un pas sera franchi avec le retour au sein des DRH de la possible gestion stratégique de leur communication avec les candidats.

La question de la communication Corporate par ce type d’application pose également la nécessité de plus de lien entre les DRH et les services de communication. Les candidats et l’ensemble de l’audience acquise par cette communication de recrutement, sont aussi formé par des consommateurs, des citoyens, des partenaires ou clients, des collaborateurs ou actionnaires. La réflexion stratégique sur le corporate branding pour l’entreprise ou le personal branding pour le candidat et leur mise en action seront de plus en plus décisives.

Accenture, qui est un des clients de Work4labs, préfigure l’utilisation que vont en faire les grandes entreprises, mais aussi comme le feront plus tard les PME.

Mais ce qui est le plus important à moyen terme, c’est la nécessité pour les candidats et les entreprises à optimiser les informations accessibles sur Facebook et de façon générale sur ce que l’on dit d’eux sur le web. Cette fameuse e-reputation.

C’est notre vision de Facebook qui doit changer, que l’on soit recruteur ou candidat. Facebook est devenu un média social généraliste. Il entre progressivement dans une dimension d’utilisation transversale, des règles et des usages, des méthodes, des courants. Par des marchés et des univers où il n’est plus question de web2.0, de média social, mais de retour au numérique au sens large.

Selon Gartner, « en 2012, plus de 50% des entreprises utiliseront les réseaux qui incluent l’activité de microblogging ». « Les entreprises devront mettre au point de nouveaux ensembles de compétences spécialisées autour de la conception et la prestation de solutions sociales de médias. Àprès 2012, la croissance du marché des logiciels sociaux s’accélérera au fur et à mesure de l’impact global des médias sociaux sur les entreprises et la société. » Predicts 2010: Social Software Is an Enterprise RealityGartner organise le sommet annuel Gartner PCC 2010 , qui se tiendra les 15-16 Septembre à Londres. Il se concentre sur les technologies utilisées en entreprise, comme les portails, la gestion de contenu, les réseaux sociaux, mashups, les outils de communication en ligne, e-discovery, les technologies de recherche, et les outils de collaboration en émergence.

La fusion progressive d’univers cloisonnés est en marche. L’arrivée de Facebook par de telles applications dans la sphère professionnelle, ne pose plus la question de savoir si l’on doit avoir une page Facebook ou pas. Mais de savoir comment bien la gérer.

Vincent Guillocher
www.vincentguillocher.com

Google, péage des médias sociaux?

Pour un premier Avril c’est raté. Après avoir tourné plusieurs fois dans mon bocal, je croyais tenir mon idée. Celle qu’habituellement on lance ce jour-là : le canular avec le poisson qui va bien avec. J’ai fait ce dessin il y a quelque temps. Et voilà que je découvre qu’il n’est finalement pas si loufoque que ça.

Imaginez. Votre voiture roule à bonne allure. Vous avez pris l’autoroute, celle qui vous mène au soleil bien sûr. Cinquante kilomètres rapidement parcourus et vous voici au péage. Vous prenez la file de gauche, la voie réservée au télépéage ? Non, la voie « Google Tollboth ». En bon français, « Google péage ». Oui, vous avez manqué un épisode. Google équipe désormais la plupart des véhicules. Son système Android gère tous les services offerts avec votre compte Gmail, les applications spécifiques qui vous simplifient votre voyage et les innombrables informations accessibles depuis le pad du tableau de bord. En quelle année sommes-nous ?

Cela risque d’être plus rapide que vous l’imaginez. Google investi dans l’automobile et annonce sa présence dans les véhicules de plusieurs constructeurs. Dont la Roewe 350, première voiture à embarquer l’OS Android de Google, qui sera présentée au prochain salon automobile de Pékin.

L’automobile n’est plus le produit populaire, symbole de la croissance des économies occidentales. On est d’accord. De surcroit, dans une perspective de développement durable, elle ne peut plus faire l’objet d’autant de passion. Mon attention se porte sur autre chose. La capacité de Google d’investir avec constance tous les champs de notre espace quotidien.

Nos déplacements seront à ce stade totalement tracés. Les voix qui s’élèvent aujourd’hui pour pointer la menace que forme Google en matière de gestion des informations déjà en sa possession ne nous sembleront-elles pas obsolètes ? Qui régulera leur utilisation ? Que Google commercialisera-t-il avec cette collecte supplémentaire de données marketing sur nos déplacements ?

Les jours de l’automobile sont comptés. En revanche, ceux du marketing et plus précisément du « remarketing » comme Google a rebaptisé ce que l’on nomme le « retargeting », ont un avenir assuré. C’est l’exploitation de données liées à votre navigation, croisées avec des informations sur votre profil qui permet au service marketing de cibler sa communication sur une population encore plus segmentée et en cœur de cible.

Et si Google, finalement, devenait le futur péage des médias sociaux ?

Mais non, tout ça n’existe pas encore, poisson d’avril !

Vincent

© www.vincentguillocher.com Si vous souhaitez utiliser mon dessin qui illustre cet article, reportez-vous à la page Utiliser mes dessins.